Tempête dans une pataugeoire

Au moment où, de toutes parts, nous provient le bruissement de l’inquiétude et de la révolte ponctué, de temps à autre, du fracas que font les chiffres lorsqu’ils chutent lourdement sur les hommes,  quelques caciques en campagne agitent leurs arpions dans la marre de la vanité devant micros et caméras et sous le regard incrédule et médusé des quelques ceux qui croyaient encore que tout cela avait un sens…

Ainsi l’homme est-il fait : aussi loin que la mémoire remonte, nous savons que les plus belles organisations s’effondrent sur elles-mêmes lorsqu’elles oublient leurs véritables raisons d’être pour céder la place à l’affrontement des ego et des certitudes solitaires. Lorsque, trahissant leurs mandats, les destins personnels croient pouvoir se construire en dehors de tout dessein collectif et de tout véritable service de l’Autre.

Gardons nous, néanmoins, d’un jugement hâtif qui, mettant les fautifs à distance, nous priverait d’un nécessaire et salutaire retour sur nous-mêmes : aussi rose soit-elle, cette pataugeoire est semblable à bien d’autres et le politique n’est, en la matière, pas nécessairement moins vertueux que l’économique…

Quelle entreprise n’a jamais connu l’affrontement de la motion Finances et de la motion RH, de la motion Commercial et de la motion Achat, les alliances et conciliabules de couloirs et la tentative de synthèse de la motion Production ? Qui peut dire avec certitude que les visées, plans et budgets des uns et des autres sont toujours exclusivement motivés par le bien commun et l’intérêt véritable de l’Entreprise ?

Quand l’absence de vision, de sens, de valeurs et de direction communes laisse le champ libre aux égoïsmes, quand les buts véritables de l’organisation deviennent secondaires (au point d’être oubliés ou même raillés lorsqu’il arrive qu’ils soient exprimés…), quand ce qui ne devrait être que moyens prend le pas sur l’objectif, quand l’organisation ne tourne plus qu’autour de son nombril… la spirale de la décadence est enclenchée. Elle produit, le plus souvent, de la tension, de la dépression, du découragement, du désengagement… Elle peut produire aussi du cynisme, du détournement, de la violence… ou des subprimes…

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