Hervé

Jamais tant de profondeur, de sensibilité et de droiture, tant de fraternité et de bienveillance n’ont été enveloppés dans autant de modestie et de discrétion. Voilà le genre de choses qu’on ne pense pas à se dire quand on peut encore l’entendre… Dommage. Mais il me semble que tu savais que je savais…

On dit souvent de ceux qui partent qu’ils laissent un grand vide.

Maintenant que l’onde de choc s’allonge, que les convulsions de la stupeur et de la colère s’espacent, qu’une grande vague de tristesse commence à peine à laver toute cette tension, je découvre que tu ne laisses en moi que des pleins. Des pleins et des déliés. Maintenant que la fureur des émotions s’est apaisée, que le bruit s’est éloigné, que l’ombre se dissipe un peu, je te vois. Bien là, dans la lumière.

C’est toi qui m’as appris que pour donner à bien voir un texte ou un titre, il ne faut ni graisser sa police ni enfler son caractère. Il faut lui mettre du blanc autour. Comme un halo de lumière autour d’un visage. C’est fou comme il y a de la lumière autour de toi. Je t’écris ça un jour de Pâques… moi qui ne sais pas très bien en quoi je crois.

Tu as mis de bien belles couleurs dans nos vies…

Tu vis désormais en nous et c’est une drôle de responsabilité que tu nous laisses là… Heureusement, nous sommes nombreux… Tu as vu ce monde ? Et Isabelle, tu as vu comme elle te porte ? Tu peux être fier.

Et Alice, et Pénélope ? Elles rayonnent de ta joie de vivre.  Tu leur as donné l’essentiel, pour toujours. Oh, bien sûr, elles vont se dire - dire - que tu leur manques. Comme nous. Mais un jour elles sauront qu’elles ont, en si peu d’années, reçu davantage de leur père que beaucoup d’autres en toute une vie.

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