Formation, quand les enjeux sont vraiment sérieux

La salle a une superficie de 50 m2 environ avec des proportions harmonieuses. De larges baies vitrées donnent sur un parc arboré ; l’impression d’espace est agréable. La climatisation maintient la température à 20°. Café d’accueil et viennoiseries sont prêts dans un coin de la pièce.

Le consultant formateur organise ses dossiers, démarre son ordinateur, vérifie le fonctionnement du projecteur vidéo, s’assure que les marqueurs de couleurs sont neufs, que les deux paper boards sont bien chargés… Les tables sont disposées en demi ovale devant l’écran à bonne distance les unes des autres pour que chaque participant se sente à l’aise. L’insonorisation est excellente, la moquette épaisse, il règne un calme propice à la réflexion, à l’échange, à l’apprentissage.

Les deux jours de formation au management vont pouvoir commencer. Il est 9h00, les 10 participants sont là. Comme pour les autres sessions, on a veillé à limiter l’effectif à moins d’une douzaine (chacun sait que c’est une condition essentielle du travail d’échange, de reformulation, de mise en pratique nécessaire à tout processus d’apprentissage). On a également fait en sorte que les participants représentent la diversité des services et des métiers de l’entreprise tout en s’assurant de l’homogénéité du niveau sur le sujet de la formation afin de permettre une progression dynamique du groupe.

Les moyens mis en œuvre sont à la hauteur d’un enjeu sérieux : il s’agit pour le CODIR de préparer ses cadres à conduire un changement important dont pourrait dépendre une bonne part du résultat du prochain exercice.

La salle mesure 49 m2, plutôt en longueur. Les quatre fenêtres donnent plein sud et on ne peut pas les ouvrir en raison du bruit de la 4 voies qui passe devant l’école. 14 tables et 28 chaises sont serrées de part et d’autre de l’allée centrale. Il fait très chaud, le thermomètre affiche 30°. Le sol carrelé et les cloisons de placo produisent une acoustique réverbérante qui amplifie le brouhaha permanent ponctué de cris, interpellations et autres crissements des pieds en fer des chaises que l’on tire ou que l’on pousse sur le carrelage.

L’instit’ écrit le titre de la leçon de l’après-midi à la craie sur le tableau noir. Avant de monter dans sa classe, elle est passée au secrétariat faire les photocopies noir et blanc des documents à distribuer.

Ils sont 28 devant elle. Tous différents par leurs histoires, leurs milieux, leurs croyances, leurs craintes, leurs éducations, leurs parcours scolaires, leurs niveaux dans chaque matière… Il va lui falloir, comme chaque jour, adapter les contenus à chacun, faire des compromis et des impasses, jongler avec le programme, improviser une pédagogie… dans l’instant, dans le bruit, dans l’agitation, composer avec les demandes, la fatigue, le stress, l’excitation des enfants…

Les moyens sont adaptés à un enjeu banal : il ne s’agit, ici, que d’apprendre à lire, à écrire, à compter, à réfléchir, à dessiner… que d’apprendre un peu d’histoire, de géographie, de sciences, d’anglais aussi… Tenez, par exemple, la lecture : en une heure on arrive à faire lire chaque enfant 2 bonnes minutes. C’est bien non ?

NB. Selon l’étude menée par l’Éducation Nationale en 2011, 26% des élèves de CM2 ont des acquis fragiles ou insuffisants en français et 30% en math… Selon l’étude Pisa - OCDE 2006, près de 22% des élèves français de 15 ans ont d’importantes difficultés  de lecture… Selon la même étude, la France a régressé dans le classement des pays de l’OCDE dans les trois matières analysées (lecture, mathématiques, sciences).

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